Droits des femmes immigrantes

Le Québec est, depuis de nombreuses années, une terre d’accueil pour des personnes de diverses origines. En fait, à l’exception des AUTOCHTONES ET des INUITS, la totalité de la population du Québec a des origines diverses.

Montréal, en raison de son grand multiculturalisme, est particulièrement représentative de cette pluralité des origines. La grande région de la métropole regroupe à elle seule près de 87 % des immigrant(e)s résident(e)s au Québec, ce qui représente 36 % de la population montréalaise. Également, près de 90 % des personnes appartenant aux minorités visibles demeurent dans la grande région de Montréal, y formant 20,3 % de la population totale.

 

Seulement entre 2006 et 2011, Montréal a compté 152,615 nouveaux arrivant(e)s. Ces nouveaux immigrant(e)s représentent 8,3 % de la population totale de l’agglomération de Montréal. Les trois principaux pays de naissance des immigrant(e)s de l’agglomération de Montréal sont l’Italie, Haïti et l’Algérie, chacun comptant respectivement pour 7,4 %, 7,4 % et 5,5 % de la population immigrante montréalaise.

 

Pour ce qui est des femmes, elles comptent pour 50,8 % de l’immigration. La féminisation grandissante de l’immigration est un constat des dernières années. Les immigrantes possèdent différents statuts : immigration économique, regroupement familial, réfugiées et autres. Le statut d’immigration constitue un déterminant de la vie des femmes, puisque celui-ci peut les rendre vulnérables aux agressions sexuelles.

Pour plus de statistique, consultez les liens suivants :

 

Ville de Montréal, « Immigration : Migrations internationales, agglomération de Montréal, 2008-2014 » (2014), en ligne : ville.montreal.qc.ca

 

 <http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=6897,67885704&_dad=portal&_schema=PORTAL>.

Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, « Fiche synthèse sur l’immigration et la diversité ethnoculturelle au Québec » (2014), en ligne : midi.gouv.qc.ca <http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/FICHE_syn_an2014.pdf>.

 

 

Quelle égalité en immigration?

Les lois d’immigration sont sexistes, racistes et patriarcales puisqu’elles ne donnent pas les mêmes chances aux hommes et aux femmes. D’entrée de jeu, ces lois sont axées sur des critères tels que la formation et la fortune.

 

Pourtant, l’accès à l’éducation, à la justice et à l’autonomie financière n’est pas possible pour les femmes dans de nombreuses régions du monde, encore plus lorsque ces femmes appartiennent à un groupe racisé.

 

Les différents statuts d’immigration auxquels les femmes peuvent ensuite accéder ont également un impact important sur le respect de leurs droits, de leur sécurité et sur leur qualité de vie.

 

Les statuts d'immigration des femmes

Le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec divise l’immigration en quatre catégories : immigration économique (66,6 %), regroupement familial (22,5 %), réfugiées (9,7 %) et autres (1,2 %). Malheureusement, quoique d’une grande importance, les trois dernières catégories d’immigration, et particulièrement celle de regroupement familial, tendent à rendre la femme immigrante vulnérable aux agressions sexuelles.

 

Dans un contexte d’immigration pour regroupement familial, les femmes doivent être parrainées par leur époux, leur conjoint de fait ou simplement leur partenaire conjugal. Elles représentent d’ailleurs 61% des cas de parrainage au Québec. Dans ce contexte, le parrain doit assumer la prise en charge économique de la femme, amenant ainsi une situation de grande dépendance économique qui peut durer de nombreuses années, sans autre possibilité. Celui-ci doit assumer tous les frais liés à la nourriture, les vêtements, les nécessités personnelles, au logement et tout ce qui pourrait faciliter l’établissement au Québec de la femme. Par exemple, le parrain est légalement tenu de rembourser les sommes de prestations d’aide financière de dernier recours (aide sociale) et de prestations spéciales (ex. : lunettes, traitements dentaires, appareils auditifs) qui aurait été perçues par la femme. Aussi, des frais d’hébergement importants pourraient également être réclamés si la parrainée est hébergée dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La femme parrainée devient ainsi totalement dépendante de son parrain. Malheureusement, trop souvent la femme se retrouve aux prises avec son agresseur comme parrain. Bien que les luttes des différentes organisations féministes ont permis de faire passer les années de parrainage de dix à trois ans pour les conjointes, la femme demeure extrêmement vulnérable. En effet, quoique la violence peut justifier un bris de parrainage, la femme risque d’être peu encline à dénoncer son agresseur duquel elle dépend pour survivre. Car si celui-ci retire son offre de parrainage, alors la femme risque tout simplement l’expulsion. De plus, le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec souligne qu’on ne peut pas mettre fin à un engagement de parrainage. Ni l’obtention de la citoyenneté canadienne, ni la séparation ou le divorce, ni le déménagement dans une autre province n’annulent l’engagement. Celui-ci demeurerait en vigueur même si la situation financière du parrain devait se détériorer.

 

 

Pour plus d’information concernant la discrimination législative des femmes immigrantes, consultez l’article suivant : Mélanie Saint-Hilaire et Nathalie Beaulieu, « Sexistes, les lois d’immigrations? » (1er mars 2005) Gazette des Femmes, en ligne : gazettedesfemmes.ca <https://www.gazettedesfemmes.ca/2780/sexistes-les-lois-dimmigration/>. 

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