Opposition contre des personnes ouvertements misogynes

À l’été 2015, le MCVI s’est vu confronté à la venue à Montréal d’hommes ouvertement misogynes qui banalisaient et encourageaient la violence sexuelle à l’égard des femmes. Conformément à nos valeurs, nous avons décidé de réagir pour empêcher ces hommes de nuire.

Le rappeur Action Bronson devait monter sur scène dans le cadre du festival Osheaga le samedi 1er août. Dans ses chansons et ses vidéos, il encourage ouvertement la violence à l’égard des femmes. Une pétition de plus de 20,000 signatures a circulé pour empêcher sa venue. Le MCVI a également revendiqué l’annulation de la prestation d’Action Bronson auprès de la Ville de Montréal, du parc Jean-Drapeau, d’Evenko et d’Osheaga. Le rappeur sera finalement remplacé puisqu’il semblerait que l’Agence des services frontaliers du Canada lui ait refusé l’entrée au Canada en raison de ses propos haineux!

 

Que ce soit pour des « problèmes de transport », comme le veut la version officielle d’Osheaga, ou parce que le rappeur a annulé lui-même sa prestation de peur de se faire abandonner par les organisateurs du festival, ou encore parce que la frontière canadienne lui a été refusée, l’annulation du spectacle d’Action Bronson à Osheaga demeure une grande victoire pour nous et pour toutes les survivantes de violences sexuelles! Même si la version officielle tente de nous retirer cette victoire, il ne fait aucun doute que tous les groupes qui se sont levés et indignés devant une si flagrante promotion de la violence y ont joué un grand rôle!

 

Pour accéder à notre lettre demandant l’annulation de la prestation d’Action Bronson, cliquez ici

Également, le blogueur et conférencier Deny Roosh V, dans le cadre de sa « tournée mondiale », était attendu à Montréal le 8 août 2015. Dans ses conférences, Roosh V donne des conseils pour coucher facilement avec les femmes et prône ouvertement la légalisation du viol dans les résidences privées. Roosh V fait bien plus que de banaliser et encourager le viol, il fournit une rhétorique aux violeurs en prônant l’impunité vis-à-vis la violence sexuelle dans le but d’« apprendre aux femmes à se défendre ».

 

Une pétition visant à empêcher sa venue au Canada a amassé près de 15,000 signatures. En soutien à la campagne visant à alerter l’Agence des services frontaliers du Canada de la venue d’un homme soutenant des propos haineux à l’égard des femmes, nous avons envoyé une lettre demandant de refuser l’entrée de Roosh V au Canada.

 

Pour accéder à notre lettre transmise à l’Agence des services frontaliers du Canada, cliquez ici.

 

Pour plus d’information sur le sujet, consulter notre section « Coupures de presse » dans laquelle une de nos intervenantes a réagi sur la venue de Roosh V dans les médias en date du 3 août 2015. 

Projet Saint-Vincent-et-les-Grenadines

En 2014, le MCVI s’est énormément impliqué dans un projet pour l’éradication de la violence à l’égard des femmes dans le petit pays de Saint-Vincent-et-les-Grenadines (SVG). Après avoir été contactées par la Clinique Internationale de défense des droits humains de l’UQAM (CIDDHU), nous avons contribué à documenter la discrimination et la violence à l’égard des femmes et des filles à SVG dans le cadre d’un rapport alternatif présenté au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes des Nations Unies (CEDEF). Ce rapport a permis de porter à l’attention des Nations Unies l’épidémie de violence à laquelle les femmes doivent faire face, avec un des taux de viol par habitant les plus élevés au monde. Il met également en lumière l’absence de protection de l’État aux femmes, contrairement à ce que SVG avançait dans son rapport d’État. Après près d’un an de collaboration, le rapport a finalement été déposé par la CIDDHU au CEDEF durant sa 61e session, en novembre 2014.  

Pour accéder au rapport complet et aux recommandations, consultez le site du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies :

 

Clinique Internationale de défense des droits humains de l’UQAM et St Vincent and the Grenadines Human Rights Association, Shadow report on the State Party St Vincent and the Grenadines : Violence against women and girls (novembre 2014), en ligne: ohchr.org <http://tbinternet.ohchr.org/Treaties/CEDAW/Shared%20Documents/VCT/INT_CEDAW_NGO_VCT_18760_E.pdf>. 

Comité Femmes Juarez

« Féminicide! » : le terme, encore peu connu et utilisé, désigne des meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes. Au Mexique, depuis 1993, près de 1000 cadavres de femmes assassinées ont été découverts dans le désert entourant Ciudad Juárez ou encore sur des terrains vagues de cette ville. À ce jour, très peu de ces meurtres ont été élucidés, ce qui met en lumière une chaine de négligence et d’indifférence qui va du simple policier jusqu’à l’État en passant par l’appareil judiciaire. Ainsi, au terme « féminicide » se conjugue celui d’« impunité », ce qui renvoie à un déficit de justice sociale. C’est dans ce contexte que le Comité québécois de solidarité avec les femmes de Ciudad Juárez a été fondé en 2002 à Montréal, auquel nous participons activement, et qu’il continue ses activités de sensibilisation à ce jour pour combattre la violence envers les femmes, laquelle s’est généralisée dans tous les États du Mexique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

cliquez ici.

 

Documentation:

 

Revue de litterature 2008

Dossier de presse – Ciudad Juarez 2004-2005

«Les Questions de justice sociale dans le contexte d’Aléna: Maquiladoras et les féminicides à Ciudad Juarez, Mexique» par Marie France Labrecque, Université Laval

Feminicide in Ciudad Juarez, Chihuahua, Mexico

Rapport de la Commission québécoise de solidarité avec les femmes de Ciudad Juárez

Informe de la Comisión Quebequense de Solidaridad con las Mujeres de Ciudad Juárez (en espagnol)

Report of the Quebec Committee for solidarity with the women of Ciudad Juárez (en anglais)

 

 

Contactez-nous pour obtenir davantage d'information concernant le Comité Femmes Juarez ou pour accéder à la documentation sur le sujet au mcvi@contreleviol.org

 

Les réformes législatives de la notion d’agression sexuelle

Dès les premières années du MCVI, nous savions que la situation des femmes victimes de violences sexuelles ne s’améliorerait pas sans changements importants au niveau législatif. En effet, les lois datant d’avant 1983 étaient imprégnées de préjugés sexistes qui reflétaient les normes et les valeurs sociales du temps de la « grande noirceur ». Les femmes étaient victimes de discrimination systémique : elles étaient la propriété de leur mari. Le viol était défini par la pénétration d’un pénis dans un vagin, et toutes autres formes de violence sexuelle étaient un « attentat à la pudeur ». Les femmes, même lorsque la définition stricte du viol était applicable, ne pouvaient pas non plus accuser leur époux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, le MCVI fut au cœur des luttes et des pressions par les groupes féministes sur le gouvernement pour qu’il y ait des changements dans la législation. Elles ont finalement eu gain de cause avec la réforme de 1983. Quoique ne faisant pas l’unanimité chez les féministes, ces réformes législatives reçurent tout de même l’appui général des féministes puisqu’elles permettaient une répression plus efficace des infractions à caractère sexuel, une diminution de la discrimination systématique à l’égard des femmes et surtout, elles amélioraient l’expérience judiciaire des femmes victimes de violence sexuelle. Les crimes de viol, de tentative de viol et d’attentat à la pudeur furent tous réunis sous le concept d’agression sexuelle avec des niveaux de gravité. Plus important encore, l’immunité du mari fut abolie.  

 

En 1991, l’affaire Seaboyer marque un recul des droits acquis depuis 1983, alors que la Cour suprême permet de nouveau l’utilisation du passé sexuel des femmes dans la défense des hommes et donne un pouvoir discrétionnaire aux juges concernant l’admissibilité des preuves.

 

En réponse à ce recul, la réforme de 1992 a régi sévèrement la possibilité d’introduire le comportement sexuel de la victime comme preuve. De plus, la notion de consentement fut clarifiée. Cette dernière réforme fut rapide pour répondre aux pressions importantes des féministes outrées par l’affaire Seaboyer.

 

Le MCVI a gagné en crédibilité au fil des années grâce à sa participation au développement des politiques publiques et des législations en matière de violences sexuelles. Si les discriminations législatives à l’égard des femmes victimes de violence sont moins grossières aujourd’hui, nous continuons à veiller au respect de leurs droits et à faire pression pour que ceux-ci s’améliorent. Malheureusement, encore à ce jour, l’agression sexuelle demeure le seul crime où c’est la victime qui doit prouver qu’elle est victime et non le criminel, mais nous travaillons sans cesse pour voir un jour ce fardeau de preuve se renverser.

 

 

 

Pour plus d’information concernant les réformes législatives en matière d’agressions sexuelles des années 80-90, consultez le guide du RQCALACS disponible dans la bibliothèque virtuelle du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine :

 

Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, Évolution de la loi relative aux agressions sexuelles (1994), en ligne : bv.cdeacf.ca <http://bv.cdeacf.ca/bvdoc.php?no=1999_05_0013&col=CF&format=htm&ver=old>.

 

 

Pour plus d’information concernant l’implication du MCVI dans ces réformes législatives, consulter l’article suivant rédigé par l’une des militantes et intervenantes du MCVI :

 

Diana Yaros, « Where Has All the Anger Gone? » dans Sexual Assault in Canada: Law, Legal, Practice and Women’s activism sous la dir. d’Elizabeth A Sheehy. Québec, les Presses de l’Université d’Ottawa, aux pp 301 à 311. 

Campagne La rue, la nuit, les femmes sans peur!

Au début des années 80, le MCVI organisa l’une des premières marches au Canada de la campagne La Rue, la nuit, les femmes sans peur. Inspirées par les actions des féministes américaines, nous avons voulu dénoncer la peur constante des femmes d’être agressées, même dans leur propre quartier, tout simplement parce qu’elles étaient femmes. Cette campagne prit des proportions importantes et devint une journée d’action tous les troisièmes vendredis du mois de septembre. 

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